
"Merci à ceux qui nous ont tant appris en essayant de nous sodomiser financièrement, merci à ceux qui n'ont rien compris, profs, curés, flics et vieux cons". Comme attitude rock et comme pochette scandaleuse, c'est difficile de trouver mieux. L'illustration de la pochette, due à Robert Williams, un peintre californien sur acide, montre un robot repoussant qui vient de commettre l'irréparable avec une jeune fille en bas blancs évanouie. La controverse fut telle que l'illustration fut remplacée par la croix avec les têtes de mort des 5 lascars du groupe.
Appetite For Destruction, c'est l'histoire de 5 voyous venus du "Middle West" américian poue chercher sexe, drogue et rock n'roll à Los Angeles; ils sont grossiers, bâveux, incontrôlables... Mike Clink (qui produira entre autres Megadeth), engagé par la compagnie Geffen, va sentir instinctivement cette énergie brute. Il veut les capter comme s'il étaient en concert. Comme consigne: pas de drogues; mais le Jack Daniels (la boisson de Janis Joplin) coule à flots. Il les enregistre sans artifices, risquant parfois la prise unique.
La pièce marquante sera Sweet Child O' Mine, une ballade, destinée aux radios commerciales, avec un riff irrésistible qui fera bonne figure dans les palmarés. Ce n'est qu'un avant-goût car l'album enfile une série de brûlots rock sans concessions, un mélange explosif de punk, de garage et de blues.
Le tout culmine avec un blues tout à fait inconvenant, avec couinements de groupies.On aura beau dire plus tard que Guns N'Roses n'a jamais pu depasser ce sommet, décevant leur horde de fans sur de nombreuses scènes... Qu'importe, ce disque, tel un feu d'artifices, reste le témoignage d'une période créatrice bouillonante: difficile d'aller plus loin. (D.G. Mon tour du Rock en 33 tours. 23-09-09)
Guns N'Roses: Appetite For Destruction. L.P. 180 g. Prix Colimaçon: 19,95 $)